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LMC antenne Nancy-Jarville

publié le , mis à jour le

LMC antenne Nancy-Jarville

Recherche sur la sidérurgie ancienne en Lorraine

L’étude des origines et des premiers développements de la production du fer en Lorraine est la thématique principale développée par l’antenne nancéienne du LMC, basée au Musée de l’Histoire du fer à Nancy-Jarville. Menées depuis plus d’une vingtaine d’années, ces recherches s’articulent autour de la question de l’utilisation en procédé direct de la minette lorraine, un minerai de fer à gangue calcaire et phosphoreuse, et de surcroit relativement pauvre en fer (30% en moyenne), longtemps considéré comme impropre à la production de fer par les techniques anciennes. Pourtant, ces travaux ont complètement modifié la trame de l’histoire du développement de la production primaire du fer en Lorraine avant le XVe siècle, en démontrant que la minette apparaissait comme le minerai de fer le plus largement utilisé durant tout le Moyen Age, et peut-être même dès l’Antiquité, alors même que les gîtes de minerais riches de surface étaient facilement accessibles. De véritables districts de production se sont constitués sur le Plateau de Haye (autour de Nancy) et dans le Pays-Haut (de Moyeuvre à Longwy). À travers la fouille de plusieurs ateliers de production et l’étude en laboratoire des vestiges de cette production, les études s’attèlent à restituer les conditions de transformation du minerai de fer et à comprendre la manière dont les anciens forgerons ont élaboré des compétences techniques adaptées.
La compréhension détaillée des processus de transformation de la minette dans les fourneaux de réduction amène à considérer que la composition chimique singulière de la minette la rend bien adaptée au procédé de réduction directe, en procurant notamment d’intéressants rendements en fer, qui compensent la faible teneur initiale du minerai, mais qui nécessitent toutefois des gammes de températures de fonctionnement significativement plus élevées qu’avec un minerai à gangue siliceuse, entrainant des conditions proches, par certains aspects, de celles du procédé indirect.
L’orientation actuelle des recherches tente d’identifier la nature des productions de ces ateliers, en traçant la signature chimique de ce système de production dans une gamme de produits ferreux utilisés en Lorraine, notamment dans l’architecture monumentale, mais aussi de caractériser les étapes des changements techniques qui interviennent, comme ailleurs en Europe, à la fin du Moyen Age, dans les systèmes de production du fer (passage au procédé indirect). Cette question est abordée par la fouille récente de plusieurs ateliers de la fin du Moyen Age (13e – 15e s.) dans le bassin de Nancy. Il semble que la production du fer par le procédé direct perdure largement, dans les espaces où la minette est utilisée, alors même que le procédé indirect s’implante et se développe au même moment dans les secteurs périphériques où des gisements de minerai de fer d’une autre nature sont utilisés.

Références bibliographiques

  • Leroy Marc, Merluzzo Paul, Le Carlier Cécile, Archéologie du fer en Lorraine. Minette et production du fer en bas fourneaux dans l’Antiquité et au Moyen Âge. Fensch Vallée éditions, Knutange, 2015.
  • Leroy Marc, La sidérurgie ancienne en Lorraine avant le haut fourneau. CNRS-éditions (coll. Monographie du CRA n°18), Paris, 1997.
  • Leroy Marc et Merluzzo Paul, Les ateliers sidérurgiques médiévaux de Saint-Dizier (Haute-Marne), Bulletin de la Société Archéologique Champenoise, t. 91, 1998 (1999), n°4, 126 p.

Voir en ligne : Lien vers le site du Laboratoire d’archéologie des métaux