Nos tutelles

CNRS UTBM

LES AUTRES EQUIPES IRAMAT

CRP2A LAPA CEB

Rechercher





Accueil > Thèmes de Recherche > Architecture du bâti monumental (de l’antiquité au Moyen Age)

Le programme Dendara

publié le , mis à jour le

Le programme Dendara

Le programme Dendara s’inscrit dans la mission archéologique de l’Institut Français d’Archéologie orientale, sous la direction de Pierre Zignani. L’étendue de la zone archéologique du site, capitale du VIᵉ nome de Haute Égypte dépasse largement l’emprise du téménos principal dont l’état exceptionnel de conservation des structures a fait la renommée. L’agglomération antique a perduré à travers les diverses époques historiques. Elle est ainsi attestée avec certitude depuis la période du prédynastique (Nagada IIC-D aux alentours de 3450–3325av. JC) jusqu’à la période médiévale. Le temple d’Hathor et ses annexes ont constitué depuis les années 30, jusqu’à très récemment, l’une des activités notoires de l’Ifao : l’édition exhaustive des textes tardifs.
Au milieu des années 1990, la mission de l’Ifao à Dendara a vu se mettre en place des problématiques archéologiques, avec le relevé et l’étude architecturale du temple d’Hathor, une cartographie du site, l’étude des matériaux et de la logistique du chantier antique, le relevé et l’étude architecturale de l’église à plan basilical et des fouilles.

Depuis 2013, face aux menaces des développements démographique et économique à l’échelle du territoire du site, la mission a évolué vers un partenariat scientifique et logistique, avec le CNRS, mais aussi avec l’Université Macquarie de Sydney et l’Oriental Institute de l’Université de Chicago selon les problématiques suivantes :
• Espaces cultuels et archéomatériaux du bâti : Pierre Zignani (architecte-archéologue, UMR 5060 du CNRS, IRAMAT/LMC).
• Espaces civils et développement urbain : Gregory Marouard (archéologue-céramologue, Oriental Institute - Université de Chicago).
• Espaces funéraires et géoarchéologie : Yann Tristant (archéologue-protohistorien, Université Macquarie, Sydney).

Jusqu’à maintenant la technologie constructive de l’Ancienne Égypte était restée à l’écart de la discipline égyptologique, épistémologiquement plus orientée vers les sources écrites et les objets. L’objectif du projet sur les espaces cultuels est de rassembler des compétences (archéologues, archéologues du bâti, archéomètres, égyptologues, tailleurs de pierre,...) autour de la documentation de monument, en vue de comprendre la genèse des détails techniques dans le bâti pharaonique et les conditions de leurs évolutions au terme de trois millénaires de pratiques et d’expérimentation. Le site de référence est Dendara, dont le temple principal dédié à la déesse Hathor est le dernier sanctuaire majeur construit dans la vallée du Nil (fondation en juillet 54 avant JC). On y a pu observer des choix d’optimisation des matériaux par rapport aux contraintes. Les techniques constructives ont certes évolué par une prise de conscience des facteurs de dégradations, mais elles sont surtout des réponses à la constitution d’une connaissance rationnelle amenant le développement réfléchi de détails et de mode opératoires. Cette première approche a montré qu’il n’y avait pratiquement pas de données scientifiques, d’analyses et d’expérimentations sur les matériaux des maçonneries antiques, notamment sur le travail antique de la pierre, sur tous les éléments impliquées dans le liaisonnement (mortier, agrafes en bois ou métal,...) et les pièces spécifiques aux parties soumises à des sollicitations de mouvement comme les logements de pivots de portes. Les premières analyses conduites par Philippe Fluzin sur les métaux et les mortiers montrent des savoirs faire extrêmement adaptés au contexte constructif et aux sollicitations dans le temps.
Parmi les atouts du site, Dendara présente une entité territoriale bien préservée, plusieurs monuments contemporains du sanctuaire principal dans un état exceptionnel de conservation (le mammisi dit romain, temple de naissance divine, est ainsi en cours d’étude), mais il couvre aussi toutes les périodes dynastiques. Il offre ainsi un ensemble homogène pour établir les bases d’une documentation sur les archéomatériaux du bâti.
Par ailleurs, des détails complémentaires on déjà été observés dans les interventions de Pierre Zignani sur d’autres sites de la régions (Temples de Karnak, mission permanente de l’USR 3172 du CNRS au Centre franco-égyptien d’étude des temples de Karnak et mission de l’Ifao à Ermant).

Les rapports annuels de la mission sont consultables dans le thème « Espaces religieux : 234. Dendara : architecture de l’espace sacré et environnement » dans les Rapports d’activité de l’Institut français d’archéologie orientale :
http://www.ifao.egnet.net/ifao/recherche/rapports-activites/