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Accueil > Thèmes de Recherche > Architecture du bâti monumental (de l’antiquité au Moyen Age)

Renforts métalliques dans la construction médiévale : nature, emploi, approvisionnement

publié le , mis à jour le

Les recherches sont basées sur le couplage entre archéologie du bâti, étude de sources historiques quand elles existent, analyses macroscopiques et microscopiques des matériaux et datation. Nous avons totalement bénéficié des avancées méthodologiques significatives de ces dernières années notamment pour la datation radiocarbone des alliages ferreux, la distinction des procédés de réduction avec de récentes méthodes de discrimination basées sur l’utilisation de la régression logistique et les études de circulation du métal en lien avec de nouvelles approches statistiques et la réalisation de référentiels uniques en Europe pour la signature chimique des ensembles de production.

Le corpus de monuments médiévaux étudiés s’est enrichi avec la cathédrale de Metz (thèse A. Disser), la Sainte Chapelle à Paris, l’Abbaye de Jumièges (Seine-Maritime) et à l’étranger avec la poursuite des études sur les monuments de Belgique (Beffroi de l’Hôtel de Ville de Bruxelles – en cours). Il comporte donc actuellement une vingtaine de monuments en France et 5 en Europe. Un des apports majeurs réside dans la possibilité d’analyser un très grand nombre d’échantillons par édifice. Ainsi au Palais des Papes d’Avignon c’est plus d’une centaine de barres de la tour des Latrines qui a été étudiées, révélant la diversité des matériaux et des origines. Sur la tour de Mutte de la cathédrale de Metz, plus 200 agrafes ont été analysées, permettant de comprendre la chronologie du bâti. Les travaux de recherche en cours concernent les aspect suivants :

- Quantités de métal mises en oeuvre en fonction des périodes

La rupture quantitative du XIIIes., déjà pressentie a été confirmée avec l’examen de nouveaux bâtiments avant et après cette date (abbaye de Jumièges, cathédrales de Metz, Chartres). C’est en effet après le XIIIes. que les quantités de métal ferreux employées dans les monuments augmentent significativement, confirmant les observations déjà faites à Beauvais.

- Fonction et place des éléments métalliques

Cette approche nouvelle, menée en collaboration avec les historiens des techniques (P. Bernardi, A. Timbert, Univ. Lille 3, UMR 8529) ainsi que des spécialistes du comportement mécanique (I. Guillot, Univ. de Créteil, UMR 7182) a permis de révéler que l’emploi des métaux de renfort dans les monuments médiévaux revêtait souvent des aspects inattendus et ne pouvait être expliqués que d’un point de vue strictement technique. A Bourges et Beauvais, la combinaison des techniques radiocarbone et de la détermination de l’origine des métaux a permis de mieux saisir les volontés techniques et conceptuelles des maîtres maçons médiévaux.

- Origine des matériaux

Les études de la signature chimique en élément traces des métaux permettent de regrouper des lots de métaux d’origine commune sur un bâtiment, renvoyant à des questions de phasage du chantier (cf. supra). Elles peuvent également comme à Bourges mettre en évidence des origines de métaux inconnues des sources écrites. Ces travaux renouvellent ainsi la vision des marchés médiévaux du fer à courte et longue distance.